Bardage et lambris bois

L'usage et les intempéries, qui laissent une marque sur tous les matériaux, semblent s'imprimer avec une élégance toute particulière sur le bois : nuances dues au soleil ou au lavage par la pluie, traces d'un assemblage antérieur, reliefs des nervures accentués par l'usure... On peut aussi apprécier la stabilité mécanique des éléments en bois ayant déjà servi.
La filière du bois de réemploi propose une large gamme de solutions pour des bardages extérieurs et des lambris intérieurs, qui proviennent de sources variées : démontage d’anciennes constructions agricoles, industrielles ou destinées à l’habitation, récupération d’aménagements maritimes (pontons, pieux d’amarrage, ponts de navires) ou encore détournement de produits en bois issus d’applications industrielles (planchers de camions ou de wagons de train, anciens échafaudages mais aussi panneaux ayant servi au séchage des blocs de béton). C’est une même diversité qui caractérise les essences rencontrées auprès de revendeurs, qui vont des plus locales (comme le chêne) aux plus exotiques (comme l’azobé).
De façon plus ponctuelle, il est également possible de trouver sur le marché du réemploi des panneaux à base de bois reconstitué, qui se prêtent également à des applications en bardage ou lambris. Par exemple: des panneaux de laminés à haute pression (type Trespa), ou des panneaux contreplaqués munis d’une couche de placage.

Produits fréquents

Les produits les plus fréquents sont :

  • Barnwood européen : issu du démontage de granges dans les pays d’Europe de l’est (Autriche, Pologne, Hongrie…). Les planches ainsi récupérées ont souvent plus de 50 voire 70 ans. Devenu particulièrement stable et résistant grâce à cette longue exposition, le barnwood est bien adapté à des applications en parement de façade. Les planches peuvent être placés horizontalement ou verticalement. Les lots se composent parfois de planches de largeur variable. Il convient alors d’adapter la mise en œuvre en regroupant des largeurs identiques sur une même ligne.
  • Barnwood américain : issu du démontage de granges aux États-Unis et au Canada, ces planches sont généralement plus anciennes que leurs homologues européennes (parfois plus de 150 ans). Certains fournisseurs disposent d’un label FSC reclaimed attribué à ce produit. Pour le reste, il présente des caractéristiques similaires au barnwood européen.
  • Poutres en chêne débitées : certains opérateurs débitent d’anciennes poutres en chêne pour en faire des planches aux dimensions plus maniables et aux applications plus variées. Le duramen du chêne se prête bien à des utilisations en bardage extérieur.
  • Anciens planchers de camion, parfois issus également de containers marins ou de wagons de train : ces éléments en bois exotique (par exemple du keruing) sont présents en lots ponctuels sur le marché. D’apparence plus brute, ils peuvent être retraités ou, au contraire, laissés en l’état pour un effet plus marqué. Dans tous les cas, leur bonne résistance en fait d’excellents candidats à des applications variées, notamment pour des planchers dans des lieux publics.
  • Bois de navire (dit aussi scheepschout, scheepsplanken ou sheepsvloer) : issu du démontage de palplanches, de pontons ou de ponts de bateau, ce sont souvent des éléments en azobé, qui se présentent sous forme de planches de 3 à 4 cm d’épaisseur. Ce bois est très lourd (>1000kg/m³). L’azobé est adapté pour des usages extérieurs en terrasse mais présente toutefois des risques de déformation ce qui limite des usages en parement de façade.
  • Planches issues du débitage de pieux d’amarrage (dit aussi Meerpalen) : généralement des essences exotiques (p. ex. basralocus), qui se prêtent fort bien à des usages en extérieur. Les planches présentent par endroits des petits trous et fissures qui trahissent leur origine récupérée. Ces éléments sont présents en lots ponctuels sur le marché.
  • Panneaux “steenschotten” : ils servaient à l’origine au séchage des parpaings en béton dans les chaînes de production. Leur récupération fait aujourd’hui l’objet d’une forte demande sur le marché du réemploi. Généralement vendus en panneaux complets de pin Douglas ou d’azobé, cerclés d’un profilé en acier, certains opérateurs proposent aussi de les démonter et revendent alors les planches individuelles.
  • Bois d’échafaudage (dit aussi steigerhout) : autre exemple d’un matériau déclassé (les échafaudages sont aujourd’hui remplacés par de nouveaux systèmes modulaires en aluminium) qui trouve de nouveaux usages comme matériau de construction. Souvent constitué de bois de pin de qualité inférieure, une mis en œuvre de ce matériau en extérieur, à long terme et sans traitement n'est pas recommandée. C’est le prix très attractif de ce produit qui constitue sa principale qualité et qui en fait un bon candidat pour des aménagements intérieurs ou temporaires.

Prix constatés

Les prix constatés sont les suivants :

  • Barnwood (prix variable en fonction de la taille de la commande)
    • européen : ~55 €/m² htva
    • américain : ~100 €/m² htva
  • Poutres en chêne débitées. Planches de ~1,8 × 10 cm et de longueur variable : ~45 €/m² htva.
  • Anciens planchers de camion : prix variables, parfois très attractifs.
  • Bois de navire (scheepshouten, scheepsplanken, sheepsvloer) :
    • Planches de 3 cm d’épaisseur : de 29 à 35 €/m²
    • Planches de 4 cm d’épaisseur : jusqu’à ~50 €/m²
  • Planches issues du sciage de pieux d’amarrage (Meerpalen) : ~50 €/m².
  • Panneaux “steenschot” :
    • Panneaux en pin Douglas de 140 × 95 × 5 cm : ~12,5 €/m²
    • Panneaux en Azobé 140 × 110 × 3,5 cm : ~11 €/m²
  • Planches d’anciens échafaudage (Steigerhout) :
    • Planches de 3,2 × 20 × 500 cm de première qualité et poncées :  ~25 €/m²
    • Planches de 3,2 × 20 × 500 cm de qualité secondaire et non traitées : ~15 €/m²

Traitements proposés

Les opérateurs spécialisés dans la vente de bardages en bois proposent une large gamme de traitements. En fonction des spécifications propres à chaque projet, les lots peuvent être livrés bruts ou, au contraire, faire l’objet de traitements plus conséquents. Ces opérations se répercutent sur les prix de vente mais permettent d’obtenir un produit parfaitement adapté aux exigences et aux spécificités d’un projet donné.
Quelques exemples de traitements possibles:

  • Recalibrage : certains opérateurs proposent de recalibrer les planches à une épaisseur standard.
  • Sciage : les panneaux et planches peuvent être découpés pour obtenir des dimensions régulières (dans une, deux ou trois dimensions).
  • Finitions : les panneaux et planches peuvent être traités (ponçage, brossage, etc.) ou, au contraire, laissés bruts.
  • Séchage : certains opérateurs proposent de faire sécher les éléments, jusqu’à atteindre des taux d’humidité de 12%.

Toxicité

Si vous soupçonnez que les éléments ont été en contact avec des produits nocifs au cours de leur usage antérieur (hydrocarbures, huiles de coffrage, peintures contenant du plomb, créosote, etc.), renseignez-vous sur leur origine. Pour les cas limites, il existe des tests qui permettent de vérifier si le produit convient à l’usage prévu.

Impact du transport

Certains éléments en bois de réemploi parcourent de grandes distances avant d’être remis en œuvre. Ces trajets ne risquent-ils pas d’augmenter l’impact environnemental au point de dépasser les bénéfices liés au réemploi ? C’est effectivement une question à se poser lorsqu’on opte pour des produits tels que du barnwood américain, des steenschotten issus d’usines lointaines ou du bois de grange provenant de Hongrie par camion. La réponse à cette question dépendra bien sûr de facteurs tels que les distances effectivement parcourues et les moyens de transport utilisés. À titre estimatif on peut considérer les ordres de grandeur suivants :

  • Bois de réemploi extrait localement (<50 km) / ~35 kgCO2/t
  • Bois de réemploi provenant d’Europe de l’Est (voyageant par camion) / ~300 kgCO2/t
  • Bois de réemploi provenant des USA (voyageant par camion et bateau) / ~370 kgCO2/t
  • Bois neuf produit localement / ~380 kgCO2/t
  • Bois neuf produit en Europe de l’Est (voyageant par camion) / ~650 kgCO2/t

En comparaison avec un bardage neuf, même produit localement, les produits de réemploi restent donc en général des alternatives intéressantes sur le plan environnemental.

Téléchargement

Vous trouverez ci-dessous des extraits de cahiers des charges pour des panneaux en bois de réemploi "Steenschotten". Ces extraits de cahiers des charges ont été réalisés en étroite collaboration avec les revendeurs spécialisés concernés.

Panneaux en bois de réemploi "steenschotten"